LE SYNDROME DE LA PETITE MARCHANDE D’ALLUMETTES…

marchande d'halus

Peut-être ne le savez-vous pas mais « La petite marchande d’allumettes » n’est pas vraiment un conte !

Les contes, comme leurs grands ancêtres les mythes, ont toujours étés dans les cultures orales un instrument éducatif, un moyen pour perpétuer des valeurs et une forme de construction sociale.

Les contes procèdent toujours, ou presque, de la même manière. Les héros gentils, auxquels on s’identifie, sont victimes d’injustices et doivent passer des épreuves pour retrouver leur dignité et gagner enfin la félicité. Les contes sont toujours porteurs d’espoir et contribuent ainsi par l’imaginaire qu’ils génèrent à laisser dans les esprits une fenêtre ouverte sur un monde meilleur à venir.

Or, pour « La petite marchande d’allumette », on vit avec elle une descente inéluctable vers la mort sans jamais qu’il n’y ait réparation des injustices et sans que jamais quelqu’humain généreux, providentiel ou quelque fée ne viennent lui tendre la main. Sauf à considérer que l’ascension vers Dieu soit le seul vrai sens de la vie sur terre, une vie de m… misères.

En un mot d’aujourd’hui, « La petite marchande d’allumettes » ça fait pas rêver, ça fait plutôt flipper !

À bien y regarder, l’histoire du monde qu’on projette aujourd’hui aux jeunes générations ressemble beaucoup à celle de la petite marchande d’allumettes.

On a gratté l’allumette du progrès qui nous a fait rêver jusqu’à découvrir qu’il est devenu la source majeure de la dégradation de notre environnement : les marchands de gaz de combat s’occupent de nous faire manger des OGM, les marchands de nucléaire nous proposent de vivre avec un compteur geiger, les marchands d’armes de vivre avec un gilet pare-balles… La lumière de l’allumette s’éteint doucement pour nous laisser son petit bout noir.

On a gratté l’allumette des utopies politiques au sortir du nazisme avec le rêve américain, le communisme au service du peuple, la république et la démocratie. Elle s’éteint elle aussi petit à petit.

On a gratté l’allumette de l’aventure humaine l’Everest, la Lune… Elle s’éteint en nous laissant un peu de fumée audiovisuelle (Koh Lanta).

On a gratté l’allumette de la communication planétaire avec Internet qui nous brûle aujourd’hui les doigts avec la NSA et autres grandes oreilles.

Ecouter les médias, c’est leur rengaine mortifère 7 jours sur 7, 24 h sur 24. Il y a vraiment de quoi devenir catatonique, non ? Ou d’aller à la pêche le jour des élections !

C’est ça le syndrome de la petite marchande d’allumettes !

Nous sommes enfermés dans un discours unique de conflit perpétuel (la crise) sans vraiment savoir vers où on veut aller.

Nous devons nous guérir de ce syndrome morbide, ré-enchanter le monde, redonner du beau à voir et pas à 15 000 km, remettre du baume au cœur des enfants, permettre aux gens de vivre, pleurer sans interface LCD, remettre l’économie à sa place, au service de la société des hommes, s’amuser simplement.

Quand j’étais enfant, au collège, j’ai eu la chance de rencontrer Lucie Aubrac. Sur son visage, il y avait de la détermination mais ce qui rayonnait le plus c’était son sourire presque permanent. C’est elle qui nous a dit : « Mais faut pas croire que c’était triste la Résistance, on s’amusait beaucoup ! »

Aussi charmante soit-elle, il faut ranger « la petite marchande d’allumettes » dans un placard fermé à clé et ouvrir la fenêtre.

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